Virus Ebola et Cie

Je découvre que le virus Ebola, tristement célèbre dans les premières années 2000-2010, est encore présent sur le site … ou du moins latent. Ce virus est responsable de fortes fièvres hémorragiques et a provoqué des centaines de victimes dans l’Afrique centrale. On en a parlé au moment des génocides Rwandais également.

La maladie a presque anéanti une des deux populations de gorilles suivies par les scientifiques, tuant près de 90% des individus. La fièvre Ebola s’attaque aux primates donc à l’homme tout autant qu’aux grands singes, et serait au moins en partie transmise par les chauves-souris via les fientes, sang ou morsures, et principalement toutes les sécrétions (sueur, donc poils, salive …), chauves-souris qui en sont porteuses mais n’en sont pas affectées. L’homme doit donc minimiser les contacts par exemple avec les cadavres frais et gibiers (viande de brousse qui peut compter singes et chauves-souris d’ailleurs …). Quant aux crottes : gants et masques de rigueur j’imagine ;). Les scientifiques me précisaient qu’il a fallu aussi développer des campagnes de sensibilisation et d’éducation quant au virus et ses moyens de propagation : par ex. faire comprendre qu’il ne fallait pas toucher les morts, malgré les rites funéraires, et -plus évidemment- expliquer les voies courantes de transmission durant la vie (courte…) des humains contaminés … d’où l’aspect « coût de la socialité » mis en cause dans la plus forte disparition des gorilles vivant en groupe.

Céline me parle aussi d’autre maladies qui touchent les gorilles. La maladie du Pian par exemple. Certains cas peuvent être parfois spectaculaires, jugez plutôt :

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Copyright @ Céline Genton

Cette maladie bactérienne touche la peau, et peut ensuite toucher les os, les cartilages et les articulations. Pas vraiment très glamour à voir mais pas non plus mortelle d’après ce que je sais aujourd’hui. Elle peut handicaper les gorilles suivant l’endroit du corps où ils sont touchés. La femelle sur la photo doit effectivement avoir quelques difficultés pour se nourrir.

Lors de ma visite au labo. de Paimpont, je récoltais une anecdote qui titilla ma curiosité : certains scientifiques et notamment Pierre Besnard (vétérinaire effectuant sa thèse sur le sujet) avaient déjà remarqué un groupe d’éclopés, une sorte de « cours des miracles ». Les individus affaiblis ou dénigrés sont probablement rejetés de leur groupe d’origine et vont chercher d’autres congénères par défaut, respectant l’adage « le groupe fait la force ». De là à rencontrer le Roi des Gueux des Gorilles ? 😉

4 réflexions au sujet de « Virus Ebola et Cie »

  1. On s’est sûrement posé la même question pour la grippe espagnole, la peste, le virus du SIDA, et on est toujours là. Ce qui fait peur avec Ebola c’est qu’il n’existe pas encore de soin et pire encore de vaccin. De plus même si l’incubation peut atteindre une 20aine de jours, il faut peu de temps après pour passer l’arme à gauche … et pour 75 à 90 % des cas pour les gens touchés par les souches du virus les plus méchantes, d’après ce que j’ai compris. Mais là où ça fait mal c’est aussi dans l’adéquation des pratiques sociales ou croyances liées à l’inhumation des morts : toucher les défunts est à proscrire mais il est parfois difficile de lutter contre les pratiques ancestrales … De même certains croient encore que c’est l’œuvre de grands sorciers ou d’un complot planétaire (on a déjà entendu ça pour le virus du SIDA), et qu’à contrario il suffirait d’un grigri pour s’en protéger. A chacun ses croyances mais il est certain que le virus se propage vite au contact via les sécrétions (salive, sang, sexe, sans doute transpiration, excréments, etc. …) et que le virus a une durée de vie exogène sans commune mesure avec le virus du SIDA par ex. Il y a donc des précautions à prendre ,et des chocs à gérer entre les mesures et les coutumes.

  2. Est ce que le pian touche vraiment les animaux ?
    Si oui quel type , espèce ou genre qu’il touche Est ce qu’il est ou était endémique !

    1. Bonjour, oui le pian touche les gorilles au moins, la preuve avec cette photo. Pour le reste (quel type? espèces touchées? est-ce endémique?), honnêtement je n’en sais rien. Le mieux est sans doute de poser la question directement aux scientifiques de Paimpont https://station-biologique-paimpont.univ-rennes1.fr

      Je sais que Céline Genton que j’ai accompagné au Congo en 2014 avait fait une mission avec un stagiaire d’une école véto. qui bossait alors sur le sujet de la maladie de Pian. J’ai oublié son nom malheureusement mais il avait produit des articles et rapports sur le sujet. Nelly Ménard sera vous en dire plus, elle supervise avec Pascaline Legouard les recherches sur les gorilles et saura retrouver les références.

      Bien à vous.
      Daniel ALEXANDRE

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